Les premiers marins pêcheurs de la Martinique se servaient du gommier (embarcation tirée d’un tronc d’arbre du même nom qu’ils creusaient, taillaient …..). Cet arbre finit par s’épuiser dans les forêts en même temps que le nombre de pêcheurs augmentait.
Ils eurent recours alors aux îles voisines (Sainte Lucie et Dominique) pour s’équiper. Cette solution n’arrangeait pas tout le monde et certains cherchèrent une solution de rechange….
Dans les années 40, un charpentier du François, réussit à concevoir une embarcation s’inspirant à la fois du gommier et de la yole européenne. A partir d’une ossature (étrave, étambot, courbes….on met les planches).
La yole ne tarda pas à supplanter le gommier surtout sur la côte atlantique de Grand Rivière à Sainte Anne.
Les pêcheurs utilisaient principalement la voile pour revenir de leur lieu de travail à cette époque et se lançaient des défis : il s’agissait de ne pas arriver le dernier sinon on perdaient le produit de sa pêche. Plus tard, des courses sauvages furent organisées le Dimanche.
Bien entendu avec l’arrivée des yoles, cette pratique continua et s’amplifia même si bien que les courses se faisaient lors des fêtes patronales du François, du Robert, du Vauclin sous l’impulsion de certains mécènes.
En mai 1966, quatre yoles appelées « Etoile », « Frisson », « Mouette » et « Odyssée » tentent d’effectuer le tour de la Martinique. Avec l’aide de marins pêcheurs, les membres d’équipages atteignent leur objectif en cinq étapes. L’année suivante, l’opération est reconduite et le tour est bouclé en quatre étapes.
Ainsi, les Martiniquais se sont appropriés ce sport unique au monde et personne ne veut manquer le Tour qui pendant une semaine permet à l’île d’oublier ses soucis en vivant des moments d’intenses émotions.